Sénégal - Post-évaluation d'installations d'eau
Une équipe de trois bénévoles a visité plusieurs villages de l’Est du Sénégal, dans lesquels Aquassistance avait mené des projets d’alimentation en eau, pour réaliser un audit. Pour le chef de mission, Jean-Marie Battarel, c’était des retrouvailles avec des communautés villageoises, alors que pour Jauffret Liotard (hydraulicien) et Dominique Raynaud (chargée d’étude socio-sanitaire) la région et le pays étaient une découverte.
Laissons Dominique détailler la mission :
"Le but de cette mission était de faire pour certains sites une inspection des installations recemment mises en service et seulement receptionnées à distance. Et pour d’autres un audit après plusieurs années de fonctionnement.
Nous nous sommes également arrêtés dans un cinquième village qui rencontrait des problèmes à la suite de la mauvaise tenue du comité de gestion de l’eau.
Le département de Goudiry est l'un des 46 départements du Sénégal. Il est situé dans la région de Tambacounda.
Nous n’avons pas pu avoir sur place de chiffre sur le recensement de la population. Cependant sur Internet, j’ai pu trouver des données de 2023 qui montrent que l’accroissement de la population serait d’environ 33.48 % en 10 ans.
Après une visite aux autorités de Goudiry, nous avons pris la direction des deux premiers villages, Dindoudy et Mayel Wambabes, qui sont gérés ensemble, puisqu’ils sont alimentés par le même forage et donc le même réservoir.
Les installations alimentant ces 2 villages ont été mises en service en 2017. Suite à un problème au niveau du forage, elles sont restées à l’arrêt plusieurs années jusqu’à ce qu’un nouveau forage soit réalisé et mis en service en 2023. La mission avait pour but de receptionner l’ouvrage et faire le point sur les améliorations du réseau.
Nous avons fait la relève des compteurs des 2 villages qui étaient, pour la majeure partie, illisibles du fait de l’index caché par la rouille. Nous supposons que le sable transporté par le vent de biais ou amené par le forage se dépose dans le réservoir et passe par les canalisations. Nous avons émis l’hypothèse de mettre un filtre supplémentaire autour de la grille de la trappe au-dessus du réservoir pour empêcher les entrants de sable. De plus le remplacement des compteurs defectueux est necessaire.
Ces deux villages n’ont pas de dispensaire ni d’école. Cela est problématique, vu qu’ils sont situés en pleine brousse et que la piste est difficile. Ils possèdent leurs propres latrines, mais le problème ce sont les déchets que l’on voit un peu partout.
En reprenant la route pour retourner à Goudiry, nous nous sommes arrêtés au troisième village, Wouro Singha, lui aussi alimenté en eau par Aquassistance. Depuis la création du forage, un comité de gestion a été mis en place pour la tenue des recettes et dépenses liées à l’eau.
Seulement, il s’avère qu’il n’y a plus d’argent sur le compte bancaire et que les dettes se sont accumulées. Par conséquent, les femmes et les enfants sont obligés de retourner au puits et les maladies hydriques sont de nouveau un sujet pesant.
Cette problématique a été évoquée avec le Sous-Préfet, qui s’est engagé à reformer le Comité de Gestion via les femmes du village et faire vendre des animaux du cheptel pour apurer les dettes et surtout réparer les installations.
Enfin, nous avons fait le tour du quatrième et dernier village, Guélodé qui, après l’alimentation en eau potable installée par Aquassistance en 2019, a depuis peu l’électricité. Il fait bénéficier deux autres villages de son réservoir. Des branchements privés ont été créés par les bénéficiaires pour toutes les concessions depuis la mise en eau.
Ici, le comité de gestion effectue la relève des compteurs. Néanmoins, il faudrait que le pilotage des comptes soit plus rigoureux.
Le principe selon lequel la gratuité de l’eau est accordée si le compteur est bloqué ou illisible n’est pas envisageable. Il a été préconisé d’appliquer un forfait. De plus, si le robinet privé ne coule plus, les villageois vont s’approvisionner au compteur général et ce toujours gratuitement.
Ce village a une école. Le dispensaire quant à lui est toujours en construction.
Les villageois disposent là aussi de latrines, mais les déchets sont un vrai fléau.
La mission fut intense et pleine de surprises.
Tous les villageois qui nous ont reçus ont été d’une gentillesse incroyable.
Le point positif que l’on peut retirer de cet audit est qu’ils ont bien pris conscience que l’arrivée de l’eau a été bénéfique pour eux tant sur le plan de l’hygiène, avec la quasi-disparition des maladies hydriques, que sur le plan social et économique, étant donné que les femmes peuvent faire autre chose depuis que l’eau n’est plus une corvée.”
Les femmes restent souvent un bon relais pour faire respecter une bonne gestion du service car ce sont elles qui sont le plus impactées.
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